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  • anne-lou
  • histoire du coeur, histoire de coeur. . . je veux avoir mon avis propre puisque l'unanimité n'est pas un critère de vérité
  • Femme
  • 08/09/1990
  • etudiante poésie
  • jeune fille, jeune femme encore enfant, des rêves plein la tête et des étoiles dans les yeux, je m'essaye a retransmettre par ma plume l'ombre de cette âme poète...

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  • : histoire du coeur, histoire de coeur. . . je veux avoir mon avis propre puisque l'unanimité n'est pas un critère de vérité
  • histoire du coeur, histoire de coeur. . . je veux avoir mon avis propre puisque l'unanimité n'est pas un critère de vérité
  • : blog histoire vie Journal Intime Vie perso / Journal intime
  • : j'ai l'étrange espoir que quelques mots assemblés en vers forment par la magie de ma plume des poèmes. . . j'aime écrire, voila l'une de mes passion, j'ai écris mon premier poème il y'a deux ans a peine, n'hésitez pas a laisser critiques et commentaire, ce n'est que par la critique que la plume s'améliore . . . une de mes citation favorite
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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 10:55

 

12mai 09 Extrait de mon journal.

Nous marchions ensemble lorsque c'est arrivé.
Elle était à ma droite, habillée comme à l'accoutumée de son vieux jean, elle riait. C'est la dernière fois que je l'ai vu rire.
Elle, elle a 16ans, elle est plutôt grande, elle a des yeux pleins de vie et un sourire merveilleux, elle est magnifique ma petite princesse. Elle est un peu plus femme, un peu plus belle chaque fois que je la vois. La petite puce que j'avais quitté prenait chaque fois un peu plus de grâce et d'âge... Bientôt elle aussi connaitrait les tourments de l'amour, son pauvre petit cœur serait brisé, sans doute, avant de trouver celui qui la ferait vivre.
Je l'aimais ma sœur, je l'aimais de tout mon cœur, je ne lui disais jamais à quel point elle m'étais précieuse, tout autant que ma sœur aînée qui vivait bien loin de nous.
Je me souviens qu'à ce moment là, je lui racontais les petites anecdotes de ma vie de tous les jours, mon chéri et notre façon bien à nous de nous aimer, mon boulot, les patients, je lui racontais tout... nous ne nous étions pas vu depuis si longtemps...
Moi, je suis sa sœur, blondinette de quelques années son aînée bien que plus petite qu'elle, plus forte aussi, néanmoins je n'ai pas à me plaindre, les yeux de mon amour sont le miroir où je me mire, j'y suis jolie, c'est tout ce qui importe...
Nous riions toute deux de bons cœur...

Et puis en quelques minutes tout a basculé.
Oh, ce que je m'en veux!! Je ne l'ai pas senti arrivé, j'aurais du faire plus attention, j'aurai du la protéger. Elle qui n'était à mes yeux encore qu'une enfant...
Ils sont arrivés. Je me suis débattue, j'ai crié, j'ai griffé, j'ai mordu, j'ai frappé, ils m'ont frappée et je me suis évanouie.
Nous étions deux pourtant, deux femmes, ensemble, nous étions deux.... nous avons été enlevées, ensemble...

Il fait sombre ici, la pièce dans laquelle nous sommes enfermée est toute petite, elle n'a pas de fenêtre, elle sent l'humidité, l'urine, le sang et la peur, on dirait que les murs poreux ont retenu l'angoisse autant que les taches de sang.
Elle est a coté, elle a des bleus sur le visage, le sang coule de diverses blessures. Elle souffre, cela se sent, elle n'ose pas pleurer, elle n'ose pas bouger. J'ai peur, je ne veux pas lui montrer, je sais qu'elle aussi a peur, je dois être forte pour elle. Je suppose que je n'ai pas été épargnée, je ne sens rien, je ne ressens que sa peur, plus forte que tout. J'essaye de lui parler, ma voix n'est qu'un murmure à peine audible, ça va aller je lui dis, ça va aller... ma voix sonne faux mais qu'importe, plus rien n'a d'importance en cet instant, que le fait que l'on sorte, qu'elle aille mieux, que je me réveille de ce cauchemar.... mais le cauchemar est bien réel.
Au sol deux couvertures miteuses, je me déplace jusque sur l'un des deux. Elle sent le sang, l'humidité, le sexe. Mes mains sont pleines de sang elle aussi, je sens les croutes sur mon visages qui me tire la peau, mes genoux sont écorchés, mes jambes couvertes d'hématomes. Oui bien sur qu'ils m'ont aussi frappée.

Les jours se suivent et se ressemblent, ils entrent, nous sommes dans un coin, ma sœur derrière moi, je frappe, ils frappent, je griffe, je mord, je donne des coups de poing, je me sens animale, comme quand j'étais enfant et que je devais me défendre, quand je frappais de toutes mes forces jusqu'à l'épuisement pour survivre. J'avais oublié depuis tout ce temps que l'on ne pouvait pas faire confiance à l'homme... Je m'évanouis, chaque fois. Je ne veux pas savoir ce qu'il se passe ensuite. Je me réveille, je sens la mort, je sens l'homme. Je frotte mon corps jusqu'à le faire rougir pour effacer l'odeur, je frotte de toute mes forces avec la terre qu'il y'a dans un coin de la pièce.
Peu à peu je frappe moins, peu à peu j'apprends a mieux protéger ma sœur, je ne peux pas toujours. Je sais que lorsqu'ils nous séparent il lui arrive la même chose qu'a moi, elle aussi ils la frappent, elle aussi il la viole. Chaque jour qui passait, je hurlais de douleur, comme un animal blessé, et chaque fois je me débattais. Peu à peu j'ai appris à ne plus hurler, je n'en avais plus la force. Je voulais pourtant revoir la lumière. Même lorsqu'ils nous emmenaient à la douche, ils nous bandaient les yeux... ils nous jetaient la, avec un savon dans les mains, riant de nous voir nous débattre ainsi, nue...

J'avais mal. Tout mon être hurlait chaque jour sa souffrance. Et même si je savais que l'on pouvait contrôler la douleur puisque je le faisais depuis longtemps, ils ne s'agissait pas à ce moment que de la douleur physique, mais plutôt d'une douleur morale qui me rongeait de l'intérieur, absorbant toutes mes forces. Peu à peu de cette douleur, j'en ai fais une force, force brutale, violente, pour frapper plus fort, plus juste.

Je les haïssaient. Une haine féroce, sauvage. Je voulais les tuer, les regarder souffrir lentement jusqu'à la mort. Mais je n'étais pas seule, il fallait d'abord penser à ma sœur, elle comptais plus que la vengeance....
Vengeance... vengeance pour m'avoir pris ma vie, pour avoir souillé mon corps et le sien, pour nous avoir humilier chaque jour, vengeance pour nous avoir frappé, vengeance pour avoir pris ce que j'avais offert à celui que j'aimais, vengeance pour m'avoir détruite...pour l'avoir détruite...

Et puis un jour deux autres filles sont arrivées, elles ont été jetées la, inertes, devant nous.
J'ai été attrapée et jetée dehors, agrippée a la main de ma sœur comme si nous étions soudées. A ma plus grande surprise, ils n'ont pas tenté de nous séparer. Toutes éblouies que nous étions, ils nous ont emmenées plus loin dans une autre pièce, plus grande. Mes yeux se sont peu à peu habitués a la lumière de la pièce. Une fenêtre en hauteur , fenêtre sans poignée mais qui laissait entrer la lumière du jour. Couvertures, 4 matelas au sol, des vêtements, du maquillage, un miroir, une douche dans un coin, des toilettes... nous sommes jetées là.

Je l'ai prise par la main et en silence je l'ai guidée jusqu'au lavabo, j'ai nettoyé ses blessures comme je pouvais, à l'eau courante. Nous nous sommes regardées comme si nous nous voyions pour la première fois, ils nous avaient tellement abimées... nous n'étions plus les mêmes.
La haine en moi pris à ce moment toute son ampleur, ils nous avaient brisé, ils avaient brisé ma petite sœur, autant physiquement que mentalement. Je la ramènerais chez nous et je reviendrais les tuer, il fallait que je reprenne des forces, que je la fasse sortir, après je m'occuperais d'eux, ils allaient payer.

Épuisée pourtant, je m'endormis sans plus attendre, recroquevillée dans un coin de la pièce, loin des couvertures sales et de leur puanteur. En cet instant, je me sentais plus animale qu'humaine, ils avaient tué mon humanité.
Cette nuit là, j'ai rêvé pour la première fois depuis notre capture, j'ai rêvé que nous arrivions a nous enfuir, que je ramenais ma petite sœur chez nos parents, qu'ils étaient heureux de nous revoir, qu'ils nous avaient cru mortes... et j'ai pleurer en silence de ne pouvoir me présenter à nouveau, après cela, devant celui que j'aimais. Plus jamais je ne pourrais regarder dans les yeux cet homme alors que mon corps était meurtri et souillé. Jamais plus rien ne serait pareil, jamais plus rien ne serait comme avant.

Nous avons été réveillées à l'aube, 2 autres filles dans la « chambre » riaient en se maquillant. J'ai voulu les tuer elles aussi, comment pouvaient elles rire encore? Où trouvaient elle la force de maquiller leurs hématomes en riant?

Puis deux hommes sont entrés, ils nous ont frappé, mais pas au visage cette fois, ils nous ont demander de nous laver et de nous maquiller. J'ai grogné, (cela faisait longtemps que je ne parlais plus qu'a ma sœur) j'ai griffé, j'ai mordu, j'ai frappé. Une baffe. J'ai continuer, des coups plus forts, le premier homme s'est mis à tituber devant moi, je me suis jetée dessus, j'ai frappé de toutes mes forces, l'autre est arrivé. Un coup de poing dans le ventre. J'ai vomi. Le temps de me relever, il m'a attrapé a la gorge, m'a déshabillée et m'a jetée sous la douche. Je n'avais plus la force de bouger, je suis restée là, recroquevillée, l'eau coulant sur ce corps que je ne reconnaissais plus. A coté, ma sœur, nue. Plus disciplinée elle se lavait.

Ils m'ont attrapée par le bras, m'ont jetée sur le sol et m'ont lancé une serviette et des vêtements: minijupe-talon. Que croyaient-ils? Que j'allais faire ça? Apparemment oui... ils m'ont ordonné d'aller me maquiller. Je n'ai pas bougé. Coup de pied. Il a répété son ordre. Je n'ai pas bougé. Coup de poing. J'ai mal au crâne, je n'arrive plus a bouger, les coups pleuvent. Je m'évanouis.
L'eau sur moi me réveille, je suis de nouveau sous la douche, ils lavent mon corps inerte, je suis incapable de bouger. Ils me déposent sur le sol, ils partent.

Ils reviennent, m'ordonnent d'aller me maquiller. Je titube jusqu'au miroir. Ils partent.

Ils reviennent; ils m'ordonnent de mieux cacher mes hématomes, ils me frappent aux tibias, aux cuisses. Je dois cacher mes bleus au visage et au cou. Je me maquille.
Cela leur convient. Ils nous emmènent.
Ils sont trois, 3 hommes encadrant 4 fantômes à l'apparence humaine. Les yeux bandés nous grimpons dans uns camionnette, un hommes monte avec nous, les deux autres à l'avant.

Ils s'arrêtent, nous descendons. Ils nous laissent nous balader alentours pendant que les deux autres filles partent, mais pas question de s'enfuir. Je tente quand même, ils ont frappé.

Lorsqu'elles sont revenues, elles ont donné de l'argent, nous sommes repartis pour changer de lieu et ainsi de suite.
Nous sommes rentrés.

Quelques jours se sont déroulés ainsi, je voyais ma sœur se balader à mes cotés, l'air vague, le regard à l'infini comme si elle n'habitait plus son corps. Moi, je nourrissais ma haine, je volais par ci par là de quoi manger , prendre des forces, nourrir ma petite sœur. Ils ne nous donnaient presque pas a manger, nus devions rapporter, pas leur coûter. J'avais peur qu'elle accepte son sort, qu'elle s'y habitue, qu'elle abandonne son corps, qu'elle soit déjà trop blessée pour se relever. J'avais peur.

Chaque jour qui passait je cherchais un moyen de nous enfuir, je ne me faisais plus prendre, j'avais appris à ne rien laisser paraître. Peu à peu je devenais plus forte.

Un jour, un homme est entré dans notre « chambre », nous ne l'avions jamais vu. L'inconnu s'est assis à la petite table au centre de la pièce. Il nous a parlé. Cela faisait tellement longtemps que personne ne nous avait parlé autrement qu'en nous frappant... J'étais recroquevillée dans un coin comme a mon habitude, le dos contre un mur, position stratégique pour éviter les coups... Je me suis levée, par curiosité je me suis approchée, il m'a regardée et il a continuer de parler dans le vide. J'étais étonnée, il m'avait vue mais ne m'avait pas frappée...
Je me suis assise à distance sur la chaise en diagonale de lui, la encore pour éviter au maximum les coups s'il en donnait, entre lui et ma sœur, ainsi s'il frappe, il me frappera en premier et ne pouvant m'atteindre en restant assis,il serait obligé de se lever auquel cas j'aurais le temps de réagir avant lui...
Rien. Il est parti.
Il est revenu le lendemain, il a amené de la poudre blanche, il voulait que l'on partage avec lui. Tentée, j'ai refusé, j'ai grogné. Elle, elle a accepté, elle a tendu la main vers la poudre, j'ai grogné.
Elle a reculé sa main en silence. Il est parti laissant le reste sur la table.
Les deux autres filles se sont précipitées dessus. Ma sœur voulait aussi. C'est quoi a-t'elle demandé. Drogue, cocaïne. Deux mots dans un murmure, je n'avais pas parlé depuis bien longtemps. 2 mots... elle était tentée, autant que moi si ce n'est plus, nous savions que cela nous ferait oublier les coups, la peur et les hommes, mais je savais que derrière cela se cachait quelque chose de bien plus vicieux. Ils s'achetaient notre docilité, ils nous feraient sentir le manque et nous reviendrions les voir. Non!! nous n'y toucherions pas. Il ne fallait pas avoir confiance, on ne pouvait faire confiance à personne! Personne!
J'ai ouvert le petit sac pour y remettre la poudre blanche. Avec un air de défit sur le visage, je l'ai vu prendre la drogue, sniffant la poudre libre et gobant le petit sac dans un seul geste... elle n'y connaissait rien sur les drogues... elle a fait cela devant moi, vite fait, comme ça, comme pour que je n'ai pas le temps de réagir. Je l'ai attrapé par les cheveux, je l'ai trainée jusqu'au lavabo, j'ai renversé sa tête en arrière et je l'ai obligée à avaler de l'eau par le nez pour laver la poudre. J'espérais que cela ai un effet. Elle a failli s'étouffer en refusant. Je l'ai frappée. Moi, sa propre sœur, je l'ai frappée... elle s'est laissée faire, manquant de s'étouffer. Je l'ai regardée dans les yeux, elle pleurait, je l'ai retournée et j'ai appuyer de toute mes forces sur son ventre, juste au milieu, en dessous des dernières cotes. Elle a vomi. Je savais que cela devait lui bruler l'œsophage, nous n'avions rien mangé depuis assez longtemps. Qu'importe, elle a recraché le petit sac encore ouvert. Je l'ai pris, je l'ai jeté sous la douche et j'ai fait couler l'eau dessus jusqu'à ce que la poudre disparaisse emmenée par le courant. J'ai attrapé ma sœur a son tour et je l'ai déposée sous la douche, laissant l'eau couler sur elle. Pour la première fois depuis longtemps, c'est avec une voix forte et assurée que j'ai parlé. J'ai demander aux deux autres si elles pouvaient se débrouiller pour lui trouver une morceau de pain, que la mie absorbe l'acidité. Oui elles pouvaient. Elles lui ont donné.
Je me suis recroquevillée dans mon coin, j'ai dormi.
Il devenait urgent que je nous fasses sortir, elle ne tiendrais pas plus longtemps.

Les jours suivant, ce fut notre tour de ramener de l'argent. Nous partions toujours a deux avec un homme et nous devions ensuite « travailler » seule. Je faisais le boulot pour nous deux. Je ne voulais pas qu'elle eut à faire ça.

L'inconnu est revenu quelques jours plus tard, il est entré, a fermé la porte que lui seul pouvait ouvrir de l'intérieur car il n'y avait pas de poignée. Je suis arrivée derrière lui, je l'ai attrapé, je l'ai mordu à sang, je l'ai griffé, frappé, j'ai cassé son genou droit et quelques cotes et démis son épaule, déchiré la peau de ses joues et de son cou avant de l'étouffer. Il a hurlé de souffrance, il m'a frappé. J'ai aimé, j'ai pris plaisir à la voir souffrir, à entendre ses os craquer sous mes coups, j'avais les mains et les dents pleines de son sang. Ils sont entrés, ils m'ont frappée, jusqu'à ce que je le lâche, et ils ont frappé, encore et encore jusqu'à ce que je m'évanouisse.

Les jours ont passé, j'attendais le moment propice pour emmener ma sœur loin de l'enfer. Et le moment tant attendu est arrivé. Nous devions revenir d'un travail, l'homme qui nous accompagnait nous avaient laissé sur le trottoir d'en face pour aller pisser. Il nous surveillait de loin nous sachant également dans l'angle de vision de ces deux « collègues ». Un camion est passé, nous cachant à leur vue à tous les trois. J'ai attrapé ma sœur par la main et je l'ai tirée derrière moi. Nous avons couru ainsi, d'abord cachée par le camion puis a la vision de tous mais déjà loin. Nous avons couru longtemps sans nous arrêter, sans reprendre notre souffle. J'entendais au loin les hommes qui couraient, il fallait aller plus vite! Elle est tombée, je l'ai relevée, me plaçant d'emblée derrière elle au cas ou ils seraient plus près que ce que j'avais imaginé. Ils ne nous ont pas rattrapé. Nous avons couru jusque dans une petite ruelle que j'avais remarquée il y avait déjà quelque jours. J'avais remarqué un homme, un sdf qui était descendu la, dans les entrailles de la ville. J'ai attrapé la petite et je l'ai obligée à descendre l'échelle. Par dessus nous j'ai refermé la plaque. Du bruit, des pas et puis plus rien. Nous sommes restées accrochée ainsi à l'échelle longtemps, de peur qu'ils repèrent le moindre bruit, nous n'osions même pas respirer.

Enfin, je fis un geste, tout en douceur pour éviter que l'on entende. Et tout doucement nous sommes descendues. L'échelle puis l'escalier. Nous nous sommes cachées dans un renfoncement, serrées l'un contre l'autre. Je pensais à elle, à mon aimé, à nos parents. Je m'en voulais de ne pas avoir repéré ou nous avions été enfermées, j'aurais pu sauver les autres, j'aurais pu retourner les bas les tuer un à un...
Nous avons dormi là, épuisées d'avoir couru, la peur au ventre et l'estomac vide.
Bien sur nous allions rentrer maintenant, ne restait qu'a savoir où nous étions, me débrouiller pour la ramener, ne faire confiance à personne, jamais!

Plus jamais rien ne serait comme avant. Plus jamais...

Par anne-lou - Publié dans : poèmes et ecrits
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 16:32
ecrits: je précise que certains reconnaitront les phrases de mon maitre d'écriture.  je confirme avant que l'on ne me lapide pour plagia. certaines tournures ne sont pas de moi.

 

Comment pourrais je lui expliquer la moitié seulement de ce que je ressens?

La réalité du sentiment d'amour est si inexplicable...

Comment pouvait il me demander de survivre à son absence après m'avoir fait découvrir cet état de grâce, de veille absolue où toute autre réalité est abolie...?

Sans lui le monde se taisait, et le silence hurlait ma solitude. Jusqu'à présent j'avais existé dans le reflet de ses yeux, ne pas le voir signifiait ne pas être vue et par conséquent il signait la ma non-existence. Non seulement je ne me sentais plus vivante mais je n'existais plus non plus, qu'étais je donc dès lors si ce n'est une souffrance concrète? Je me comparerais volontiers à une âme sans vie, déambulant dans un monde auquel elle n'appartenait plus, mais mon esprit tente encore aujourd'hui de lutter contre le froid qui peu à peu s'installe dans mon cœur et gèle mon âme, combat absurde quand on sait que le froid précédait le chaud et qu'il finit toujours par l'emporter. Le chaud n'est que provisoire.

Le fait est que ne plus rien ressentir de la beauté du monde m'empêchait d'être, je ne me sentais ni bien, ni mal, je ne me sentais plus, c'était tout.

La réalité du monde m'échappait autant que je lui échappais. Le temps, facteur principal qui nous pousse au mouvement et donc a la vie, perdait peu à peu son emprise sur moi. Mes secondes s'allongeaient, s'étiraient pour devenir des jours, mes jours devenaient des mois... j'apprenais l'éternité dans la non présence. éternité... anagramme d'étreinte, pensée unique et illusoire, absolument déraisonnable qui m'envahissait. Je ne pensais plus, je devenais ma pensée, et toute autre pensée vagabonde qui aurait pu entrer en contact avec moi était aussitôt transformée par le filtre de mon amour pour lui pour rejoindre cette unicité parfaite.

J'avais beau le lui écrire, je l'aimais bien au delà de ce que je lui disais.

Je vivais dans l'attente d'un simple mot... et celles qui ont aimé connaissent bien le pouvoir de vie et de mort que peuvent prendre les mots. Dans l'absurdité de mon amour éperdu je suspendais mon existence à la probabilité d'un langage.

A chaque fois que mon portable m'annonçait la réception d'une forme de communication je connaissais un état de transe mystique suivi d'une apnée prolongée jusqu'à ce que je découvre qu'il ne s'agissait pas d'un message de sa part. S'ensuivait une consternation face à son silence. Je me sentais seule dans ma frustration et je connaissais alors le déni et le refus brutal de l'existence d'un Dieu qui me faisais miroiter chaque fois la présence de l'inaccessible. J'accablais alors qui passait devant moi de toutes les tares de ce monde me répétant à quel point j'aimais ma solitude et combien j'étais capable d'être vivante loin de la musique de son cœur. Mon absence de sincérité a mon propre égard me crevait les yeux mais j'étais bien loin de m'arrêter à un si petit détail.

Face a cette absence, je décidais de me cloitrer chez moi nourrissant d'abominables pensées à son égard pour être bien sure de souffrir encore plus fort. Non que j'aimais particulièrement cet état de souffrance qui emplissait chacune des fibres mon être mais qu'il s'agissait là du plus sur moyen de me sentir encore un peu.

Et comme toute amoureuse la débilité m'avait depuis longtemps envahie, au lieu de m'en tenir donc à une absence de certitude qui me laissait un peu d'espoir au moins, j'ai cherché à obtenir de lui l'apaisement de mon âme ce qui eut pour seul effet de me retourner une phrases des plus cinglantes qui me poignarda. La phrase était courte et n'était composée que de mots inoffensifs en apparence mais il n'en fut pas moins qu'elle m'assassina.

Je me mis à lui répondre aussitôt, dans un état de fureur avancée prouvant à quel point je m'étais menti en prétendant ne pas être affectée. En de tels instants je le haïssais en proportion de mon amour pour lui.

Comment alors même qu'il était de loin ce que j'avais rencontré de mieux sur cette planète pouvait il me traiter avec une telle cruauté? J'abhorrais en un instant toute l'espèce humaine dont la cruauté sans faille me paru tout a coup évidente. Si même celui que je considérais comme la cathédrale de mon âme était capable de cela autant dire que le reste de l'humanité était un échec à tout point de vue. Je lui en voulais a mort de l'épreuve qu'il m'imposait mais je me savais aussi injuste de telles pensées puisque j'avais moi-même généré son comportement. Néanmoins je nourrissais une haine des plus impitoyable à l'image de l'être humain que j'étais envers toute personne dans la possibilité de l'approcher plus près que je ne le pouvais moi même.

Vouloir l'inaccessible comporte toujours des inconvénients...


 

Par anne-lou - Publié dans : poèmes et ecrits
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 21:30
Texte ancien datant de janvier 2009 mais toujours d'actualité etonnement...





 

Je rentrais chez moi,
une douloureuse brulure enserrant ma gorge, m'empêchant de parler. . .

je montais à ma chambre, à l'étage et m'y enfermais à clef pour que personne ne me dérange.

D'un geste rageur j'enlevais les couvertures de mon lit et arrachais mes vêtements de ce corps que je détestais...


Enroulée dans une simple couverture, je me suis assise devant la fenêtre, la joue collée contre la vitre glacée...

au loin les champs et ces autres paysages dont je rêvais... oh liberté chérie, laisse moi arpenter tes chemins au gré de mes envies...

une larme lentement coula... expression du tourbillon de sentiments qui m'envahissait . . .
Lentement, tremblante, je me mis debout, laissant la couverture glisser le long de mon corps pour retomber au sol...


les larmes coulaient sur mes joues, le long de mon cou, roulaient sur ma peau nue...

j'ouvris la fenêtre, l'air froid de l'hiver me fit
frissonner

je restais pourtant longtemps ainsi,
mes larmes gelant avant même d'avoir atteint la courbe de mes seins...

je pleurais toutes les larmes qui étaient restée dans mon cœur, je pleurais silencieusement ma souffrance,
et le froid de l'hiver me paraissait bien doux à coté du
froid qui emplissait mon cœur...

Par anne-lou - Publié dans : poèmes et ecrits
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 21:12
Le coeur a l'abandon,
voila ce que je ressens
même si je sais que la raison
peut controler les sentiments

un ami m'a appelée ce soir
j'ai prié que ce fut toi
tu ne sais quel desespoir
je ressens dans ces moments là

Un autre m'a appelée
mais un autre ce n'est rien
car c'est avec toi mon aimé
que je rêve mes matins.
Par anne-lou - Publié dans : poèmes et ecrits
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 20:22

 

Née au coin de l'œil elle roule, tombe sur le papier, des vers et des vers en écriture serrés se noient sous cette pluie qui délave ce qui a été écrit, le passé de vers peu à peu s'efface, l'encre fuie dans l'eau claire, réécris de nouvelles phrases, qui doucement en prose se posent sur le présent certes loin d'être tout rose mais si différent de ce qui dans le passé repose.

Par anne-lou - Publié dans : poèmes et ecrits
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 16:11
 

 

Et toutes les nuits la même histoire, chaque fois que le noir envahit la chambre, toutes les nuits la peur, toutes les nuits avec un peu plus de détails.

Tous les matins, avant même le lever du soleil, seule dans son lit trempé de larmes elle répétait sa prière, elle ne voulait plus voir cela, elle voudrait retrouver ses cauchemars d'avant, ses cauchemars d'enfant où punie injustement par le pouvoir maternel ou poursuivie par un monstre elle se réveillait en sursaut. Cauchemars alors vite oubliés...


Journal intime, avril 2009

Première fois que je l'avais fait il était incomplet, incohérent... et voilà qu'il se faisait de plus en plus vrai, de plus en plus prenant. Comme d'habitude ce matin je me suis réveillée en pleurant, comme d'habitude au même moment. Comment pouvais je imaginer telle atrocité? Pourquoi mon esprit me faisait il endurer telle souffrance? D'où venaient donc ces images, ces sensations d'une réalité saisissante?

Je sens encore la peur, le sang, le poids des corps; le silence, dans la bouche un goût amer, un goût de bile, la nausée, le dégout de la mort, la peur. J'ai mal physiquement, je me réveille toujours plus ou moins dans cet état après ce cauchemar, mais cette fois c'était vraiment horrible, j'ai mal pas seulement dans mon âme mais dans tout mon corps, une douleur musculaire profonde et véritable, j'ai mal aux bras, des écorchures sur le corps, des bleus aux jambes, je ne me souviens pas m'être blessée hier. Je ne me souviens pas...

Je me souviens le bruit assourdissant des balles qui anéantissent tout ce que dans mon rêve j'avais connu et le silence qui s'ensuit. Je me sens seule, personne ne peux comprendre s'il n'a ressenti cette sensation.

Je n'avais pas été la seule à m'être réfugiée dans la fontaine. Celle ci avait été détruite il y avait déjà bien longtemps mais le village s'était opposé a sa reconstruction. (Je continuais a dire le village bien que celui ci se soit bien étendu en quelques années). Elle était restée en l'état après les dernières attaques, monument mémoire du village depuis 2 générations déjà. Personne n'y faisait plus attention parmi les jeunes mais aucun n'osait s'en approcher, le respect de l'histoire était ancré en nous depuis notre plus tendre enfance. J'avais pensé que les pierres tombées ça et là me dissimulerait, j'avais pensé que personne n'aurait osé faire de même. Je n'étais pas seule. D'autres gens du village étaient là, beaucoup d'enfant, des jeunes des moins jeunes, quelques adultes.


J'avais l'impression d'être dans un rêve, je ne comprenais même pas comment j'avais pu arriver jusque là. Ma mémoire semblait s'être bloquée quelques heures en arrière, l'instinct avait pris le dessus. Je ne comprenais pas ce qui s'était passé. Pourquoi m'être réfugiée ici d'ailleurs? Comment avais je pu leur échapper? D'ailleurs eux qui étaient ils? J'essayais de revoir ce qui étaient arrivées, par bribes des images me revenaient.


Je me souvenais de la veille, je me souvenais de la maison si calme, les parents sortis, absent, mon frère en ville. Et lui... j'avais désobéi, nous le savions tous les deux, et ce soir là avait un joyeux goût d'interdit. Je me souvenais chacun de ses baiser, l'odeur de sa peau, de chacune de ses caresses, je me souvenais de ma peau frissonnant sous ses mains et de son souffle tiède sur mon visage. Je me souvenais de ces trois petits mots qu'il m'avait murmurer à l'oreille, s'allongeant contre moi, apaisé. Je me souvenais de l'amour que je lui portais et la crainte qu'il finît par se lasser. Tout cela je m'en souvenais, je l'avais gravé en moi, c'était la dernière fois que je l'avais vu. Il n'étais pas resté, mes parents étaient rentrés plus tôt que prévu et il avait préféré me laisser seule, pourvu que ceux ci ne se soient rendu compte de rien. Ma mère, comme toutes les mères avait pressenti ma désobéissance et s'était hâté de rentrer. Voilà qu'elle avait compris ce qui s'était déroulé en son absence. Je me souviens la confusion que j'avais ressenti, la honte qu'elle ait pu me surprendre, j'acceptais les remontrances bien méritées sans protestation. J'avais bien mérité le courroux du pouvoir parental après tout... Je ne me souviens pas de ce qu'elle a dit, mon esprit accompagnait l'aimé par delà les hauts murs de la maison, dans les rues de terre battue et de pavé par lesquelles il devait sans doute passer pour rentrer.

Je me souviens d'une impression, mauvais pressentiment, quelques chose n'allait pas ce soir, mais quoi? Je me souviens le bruit peu de temps après, c'était la porte de derrière, la grande porte en bois qui tenait jusqu'alors par on ne sait quel miracle qui était tombée. Je coupais le monologue parental pour exprimé mon inquiétude, quelque chose n'allait pas j'en était sure, le vent n'avait pas fait tomber la porte, quelque chose d'autre, de beaucoup plus inquiétant que le vent qui souffle à cette période depuis les collines de sables emportant avec lui le brouillard sableux qu'ici nous connaissions tous. Non ce soir le vent de sable n'arrivait pas seul.

Je me souviens avoir lu dans les yeux de ma mère une ombre d'inquiétude. Il faudrait réparer la porte demain avait elle dit avant de quitter la pièce.

Je me souviens m'être levée sans savoir pourquoi, je ne me revois pas m'habiller mais il fallait bien que je l'ai fait puisque je portais sur moi une longue chemise par dessus un sarouel beige sable. Couleur idéale pour se dissimuler sous les pierres recouvertes de sable de la fontaine. Je ne me souviens pas comment je suis sortie, je me souviens juste me trouver là a peine habillée dans le vent frais de la nuit, devant la porte tombée a terre, regardant avec de grands yeux ahuris la tache sombre qui s'étendait dessus.

A partir de ce moment je ne me souviens plus de grand chose, du bruit derrière au loin vers la porte avant de la maison, des coups, des tirs, des cris, la peur. J'ai couru sans savoir pourquoi, loin des cris, loin de tout, j'ai couru dans les rues de mon enfance, les pieds nus sur la terre battue, tombant, me relevant, m'écorchant sur les pavés, j'ai couru au hasard, perdue dans ce lieu que je connaissais pourtant si bien. J'ai croisé d'autres gens courant comme moi, j'ai croisé d'autres maisons emplies de cris et de tirs. J'ai couru entre les tirs, entre les cris, dans la souffrance, j'ai mal, le sable s'infiltre dans chacune de mes blessures, mes pieds sont plein de sang, le mien, celui d'autres.

Je me souviens avoir croisé mon frère, seul dans l'angle d'un mur, hébété. Je me souviens l'avoir tiré vivement derrière moi. Je me souviens sa peur. Nous ne nous sommes rien dit, lui non plus ne comprenait pas. Nous avons couru ensemble. Je me souviens d'être attrapée brutalement par le bras, je me souviens le regard de mon frère, j'ai mordu de toutes mes forces, je griffé chaque morceau de peau qui dépassait. On m'a lâchée. J'ai peur, je cherche le regard de mon frère, il n'en sait pas plus que moi, quelqu'un lui a tendu un fusil, nous sommes apparemment du bon coté. L'homme que j'ai mordu peste derrière moi, je ne cherche pas a m'excuser, l'heure n'est plus aux excuses. La peur se lit sur tous les visages, personne ne parle, certains ont des fusils, d'autres des pioches, des fourches, je ne comprends pas. Quelqu'un me pousse, je me laisse faire, on me tire en arrière. De nouveaux des tirs, des cris, de la poussière, l'odeur du sang se mêle a celle du sable et de la poudre. J'ai peur, je voudrais retrouver celui que j'aime, où est il que fait il? Est il rentré jusque chez lui? S'est il caché quelque part? Silencieusement je pris pour lui, je refuse qu'il ai pu lui arriver quelque chose, je vais le retrouver quand tout ce qui se passe sera terminé, il n'y est pour rien lui, il n'a jamais rien fait de mal, il ne peux pas être tué, on se retrouvera et il me prendra dans ses bras pour me réveiller de ce mauvais rêve, j'en suis sure. Je ferme les yeux très fort, je me dis que je vais me réveiller, qu'il sera à mes coté et m'embrassera en me demandant de lui raconter mon cauchemar et d'un sourire il chassera les méchants... mais non, j'entends toujours le bruit des balles et les cris, le sables qui s'infiltre dans mes vêtements et brule la peau est bien réel. J'ai peur. Je me relève, je cours.


Voilà comment je suis arrivée là. Réfugiée entre les pierre, la peur au ventre. Mes muscles sont tendus, mon cœur tambourine a mes oreilles. J'attends. Je vois d'autres gens cachés ça et là entre les pierres, je ne suis pas seule. Eux non plus ne comprennent pas, personne ne comprend.


Du bruit, des pas, je vois les pieds de gens que je connais, je vois le bout des fusils, je voudrais me lever, aller avec eux mais les fusils me font peur, je ne bouge pas. Ils choisissent un garçon dans la foule, c'est un ami de mon frère, il lui demande de faire le tour de la fontaine et de désigner tout ceux qu'il y verra caché. Il refuse. Le bout du fusil se relève. Les cris, le bruits, la poussière, l'odeur du sang, le silence.

C'est au tour d'un autre enfant, plus jeune, il s'exécute, désigne ceux qu'ils voient. J'ai peur, je prie de toutes mes forces pour ne pas être vue. Un à un l'enfant désigne ceux qui se sont réfugiés là, un a un ils ont été obligés de se lever, leur corps offert aux balles et un à un ils sont tués. Incapable de bouger, j'attends mon tour. Il ne vient pas. Des ordres sont aboyés, les gens doivent aller sur les pierres de la fontaine, je vois des jambes qui passent ça et là, je vois des fusils qui encerclent le groupe. Ceux qui essayent de se cacher son tués de suite.

De nouveau le silence, personne ne bouge, les inconnus aux fusils font le tour de la fontaine, ils essayent de repérer ceux qui auraient désobéi aux ordres. Je ferme les yeux très fort, je bouge très doucement, je me faufile entre les jambes pour mieux me cacher. Aucun ne me dénonce, je suis étonnée. Tous bouge imperceptiblement pour me permettre de me cacher entre eux, ils n'ont pas cillés, ils n'ont rien dit. Tous ces gens avec qui j'ai vécu jusque là, tous ceux que j'aime, ces gens, mon peuple, mes amis, mes voisins, tous se taisaient pour que quelque uns puissent survivre. Je sentais leur peur, leur volonté de nous cacher.

Je me souviens le bruit assourdissant, les balles, la peur, le sang, le poids des corps et le silence qui s'ensuit. Je me souviens l'envie de me lever, de me débarrasser de tout le sang qui me recouvrait, le sang de ceux que j'aimais et qui m'avaient aimé. Leur sang se mélangeait en un petit ruisseau couleur rubis qui coulait depuis le fontaine en hauteur vers les maisons du village.

J'aimerais me réveiller vite. Courir loin de là, enlever mes vêtements imbibés de liquide rougeâtre, me laver, vite.

Je me souviens la peur que l'homme que j'aimais n'ai pas eu la même chance que moi, lui qui avait du partir dans la nuit pour que l'on ne nous voit pas ensemble. Je regrettais ce geste idiot d'enfant, je préférerais en cet instant que tout le monde le sache mais qu'il soit là.

Il y avait eu le bruit, il y avait le silence. Je m'en voulait maintenant d'être partie comme ça, je ne m'étais même pas retournée, je n'avais pas cherché a aider mes parents, a savoir ce qui s'était passé, peut être les avais je abandonnés a la maison, blessés, incapable de bouger et attendant une mort lente mais certaine. La peur avait pris le dessus, j'avais fuis, lâchement, abandonnant ceux que j'aimais. La honte m'envahit, le dégout de moi même. Je n'avais même pas persévérer a retrouver la trace de mon aimé, je ne l'avais pas revu, pas croisé. Comment avais je pu l'abandonner lui? Et mon frère, où était il en cet instant? J'avais honte, j'aurais du mourir avec eux, avec tous ceux que j'aimais. J'aurais du... Des larmes silencieusement coulent, se mêlent au flot de sang, j'étouffe, de peur de honte, j'étouffe sous le poids des corps qui me recouvrent, le sang s'infiltre dans mes narines colle mes cils et mes cheveux. Je me dégoute, la nausée me prend, je ne veux pas être en vie. Comment pourrais je me pardonner un jour de vivre alors qu'eux sont morts, alors que LUI est mort? Je l'ai laissé mourir, seul, loin de mes bras, loin de mes yeux. Les larmes, le sang, la peur...

la nausée me réveille brutalement...

Je pleure toujours, des larmes silencieuses coulent sur mon oreiller, je tremble, j'ai peur, dans la bouche un goût amer, l'odeur du sang ne me quitte pas. J'ai mal. Je vérifie mes bras, mes jambes, des bleus, des écorchures, j'ai du taper contre le mur en dormant. Dehors un oiseau chante, signe de vie, signe que le cauchemars n'est qu'une imagination. Rien n'a perturbé la nuit, tout le monde dors encore. Je voudrais tant la chaleur rassurante de ton corps en cet instant, j'en ai besoin. Un de tes doux baiser, un câlin, du réconfort. J'ai tellement mal, tellement peur.

Encore un matin ou je me lève avant même le lever du soleil, tremblante, terrorisée, je voudrais que tu sois là, que tu chasse tout d'un sourire, toutes ces atrocités. J'ai besoin de te voir bien en vie, que tu me prenne dans tes bras pour que j'oublie la moiteur du sang, l'odeur de la mort, le poids des corps et le silence. Mais tu n'es pas là et je pleure juste en attendant que le vie reprenne son cours.

Encore tremblante je suis descendue à la cuisine passer de l'eau sur mon visage, j'ai frotté mes joues pour enlever le sang séché qui semblait coller encore. Des larmes coulaient sur mes joues. Je suis sortie, j'ai attrapé la pelle et j'ai continuer de creuser la fosse devant la maison où plus tard nous planterons les arbustes. Tremblante de peur et de fatigue, je me suis assise la, j'ai enfouie mes mains dans la terre froide et humide, respirant la douce odeur de la terre. Peu à peu je me suis apaisée, peu à peu la peur m'a quittée, mes muscles se sont détendus, mes tremblements se sont atténués, mon cœur s'est ralenti, mes larmes se sont taries. L'odeur du sang et de la mort se sont éloignées.

Il reviendra bien sur, je le sais, je le sens, il reviendra une fois de plus, plus précis, plus fort... Je me réveillerai une fois de plus,tremblante, seule, avec mes bleus et mes écorchures, le coeur battant aux tempes. Il reviendra...

Par anne-lou - Publié dans : poèmes et ecrits
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 17:52
pas vraiment un poème, plutot un sentiment, qu'aujourd'hui a nouveau je ressens


Douleur au coeur
Des bleus à l'âme
J'en suis l'auteur
je n'suis que femme
petite humaine
au grand coeur d'or
mais trop de peine
dans mes aurores
pourtant je t'aime
j'y crois encore.
Par anne-lou - Publié dans : poèmes et ecrits
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 14:00
écrit le 10janvier 2009 en partie
 


"Aura tu la passion
. . .
D'habiter cette terre
. . .
En créant la fusion
. . .
de l'eau et de l'éther?"
. . .
Et sera tu mon ange
. . .
celui que j'ai cherché
. . .
qui dans ce lieu étrange
. . .
saura me protéger?

Par anne-lou - Publié dans : poèmes et ecrits
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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 20:03
 

Le 12 février au matin elle s’est levée, morose. Une fois de plus elle avait fait un cauchemar, pas bien violent cette fois au moins. Une fois de plus elle s’est levée, seule, encore . . . comme tous les matins elle est allée se peser, se laver le visage, se maquiller correctement… comme tous les matins elle a dit à son reflet qu’il n’était pas encore à la hauteur de ses espérances. On lui avait enseigné la perfection, elle se devait de l’être dans au moins un domaine…

Quand elle s’est dit qu’elle ressemblait à quelque chose, elle a attaché un couteau à sa cheville et elle est sortie faire ses courses… Anne-Lou tenait une fois dans sa vie à savoir si le romantisme d’autrefois était si joli… elle voulait une soirée parfaite.


Et puis une fois rentrée elle a tout posé dans un coin et elle est partie se refugier dans ses dessins, dans son travail, mais rien ne comble le trou béant qu’elle a pourtant elle-même créé…

Non, elle ne doit pas y penser… Elle se répète qu’elle s’en fout qu’elle n’a pas besoin de lui et plus elle le répète plus elle se sent seule. Elle refuse de souffrir encore de leur façon de se parler et elle refuse de se rendre compte qu’elle souffre autant de son absence.

Non tout va bien, regardez, elle sourie non ? Elle chante non ? Elle danse, elle aime tant danser… tout va bien… elle se sent juste un peu seule . . . un peu…

Elle ne doit plus penser à lui, il l’agace tant parfois à ne pas vouloir comprendre qu’elle est susceptible, ça l’énerve tant quand elle a l’impression de ne pas être assez bien pour lui… il voudrait quoi d’abord, c’est quoi ce qu’il y’a de mieux pour lui ? Ce qu’il ne peut pas avoir … et elle, il l’a déjà ce n’est plus si important, ou bien le mieux c’est l’autre celle dont il lui a parlé… oui voila elle doit penser a ça… au moins énervée elle ne ressent plus rien d’autre.


Elle est partie ce soir se balader laissant des traces de pas dans la neige immaculée. Un pas pour elle, un pas pour lui… Elle trace deux chemins cote à cote et elle avance, main dans la main avec son absence.

Ils se sont allongés sur le tapis blanc et moelleux, elle s’est blottie contre lui et ils ont parlé longtemps en regardant le ciel étoilé. Il est allongé contre elle, elle se sent si bien, elle passe machinalement la main dans ses cheveux blonds, observant avec délice les traits de son visage et son adorable sourire. Elle lui raconte tendrement l’effet qu’il a toujours eu sur elle, l’amour qu’elle ressent pour lui en cet instant et combien elle a envie de l’embrasser, de l’avoir rien qu’a elle et tout a elle.

Elle rit, elle l’aime tellement, plus qu’elle ne le devrait, plus qu’il ne peut s’en apercevoir. Elle le regarde tendrement, lui raconte en riant combien de fois elle a serré les dents en le voyant avec d’autres, elle ne voulait rien dire pour ne pas l’emprisonner. Elle ne lui raconte pas le nombre de fois ou elle a souffert, ou elle a été blessée, elle a peur sans doute d’être chiante. Oh combien c’est doux d’être contre lui ! Combien de fois a-t-elle eu peur de lui dire qu’elle l’aime ? Combien de fois Lou n’a-t-elle pas voulu aller le voir et l’embrasser en soirée lorsqu’une autre le drague de trop près, combien de fois n’a-t-elle pas voulu voir ce que cela ferait, ce qu’elle y verrait dans les yeux de l’autre, jamais elle ne le fera elle ne veut pas être possessive.

Il rit, il l’a dit jalouse et un peu chiante… Elle, elle le dévore des yeux, elle voudrait qu’il soit à elle, entièrement à elle, que ses sourires ne soient qu’à elle, que ses mains ne se posent que sur elle, que ses soupirs ne soient qu’à elle… mais c’est un homme elle en a conscience, elle ne doit pas trop le changer, pas trop lui en demander, il aime les femmes ce n’est pas la une découverte, elle l’a aimé ainsi, elle ne doit pas l’enfermer pour qu’il réponde à ses désirs, on enferme pas ceux qu’on aime, on peux tout juste essayer de les convaincre de rester. Elle aurait voulu être son unique…

Alors elle rit pour ne pas penser qu’elle a trop peur de le perdre un jour.

L’un contre l’autre sur le tapis blanc ils sont bien, il a ce sourire qu’elle aime tant, elle le regarde amoureusement et tout doucement elle lui dit ce qu’elle n’a jamais su dire, les mots sont sortis de ses lèvres dans un murmure, dans un sourire, comme une pensée à voix haute, une évidence un peu secrète : « je t’aime tu sais ».

Il lui répond qu’il le sait, il l’aime aussi même si elle est un peu compliquée et qu’elle s’énerve vite. Anne-lou répond par une petite moue enfantine en réponse… elle le sait bien qu’elle n’est pas la plus belle c’est lui qui l’a dit plusieurs fois, elle sait bien qu’il ne la trouve pas très intelligente, il ne cesse de lui répéter, il en trouve d’autres tellement mieux, pas la peine qu’il mente pour lui faire plaisir…

Il rit, ce qu’elle peut être susceptible parfois ! Il la charrie juste un peu, évidemment qu’il l’a trouve belle, et il ne serait pas sorti avec une sotte . . . Elle se détend, elle est un peu rassurée, même s’il ne ferait pas n’importe quoi pour elle, même s’il ne semble pas amoureux, qu’elle lui plaise c’est tout ce qui importe pour le moment… tout ce qui importe c’est qu’elle l’aime…


Le froid l’engourdit, elle bouge un peu…

Sa main rencontre une racine, elle rouvre les yeux sans trop bien savoir ce qu’elle fait là, elle est blottie contre son arbre, seule dans la neige… des larmes doucement coulent, font fondre les flocons poudreux accumulés autours d’elle. Anne-Lou se sent si petite tout à coup, si seule, si faible et si idiote d’être venue là, seule dans la nuit claire, sans prévenir quiconque… elle aurait du prévenir… mais qui ? Sa famille est partie en vacances, ses amis sont partis également, elle s’est de toute façon énervée contre eux le midi même parce qu’ils ont une fois de plus dit qu’elle n’était pour les hommes qu’un objet de convoitise et pour lui aussi… et lui, même si elle acceptait qu’il la voit dans cet état est ce qu’il serait venu… à ne rien attendre on est pas déçu, elle attend déjà trop de lui.

Elle a peur, elle ne sait pas si elle va arriver à se lever, comment a-t-elle pu venir jusque là sans s’en rendre compte ? Elle aurait du rester chez elle… elle tremble trop, elle est trop faible, les douleurs du passé l’épuise tant… ses jambes ne la porte pas, elle retombe….

Elle s’accroche à l’écorce de l’arbre, quelqu’un passe à coté, la regarde sans s’arrêter. Elle pleure, sa vue se trouble, sa tête lui fait mal… Elle s’accroche pourtant, elle tire sur ses bras jusqu'à ce qu’elle se retrouve debout et elle enlace l’arbre, à bout de souffle. C’est une chance que cela arrive encore rarement se dit-elle, peu de gens l’on vue ainsi. Ses jambes tremblent, ses doigts sont engourdis, elle ne les sens plus du tout, elle ne sent pas l’écorce de l’arbre contre sa peau elle ne sent que les larmes qui roulent sur ses joues et brulent sa peau glacée.

Elle doit rentrer maintenant, elle risque de tomber malade, elle a encore tant de travail… elle titube un peu entre les arbres, comme si elle avait bu, se retenant à l’un, à l’autre. C’est ce que doivent croire les gens en la regardant avec ce drôle d’air ressemblant à de la pitié dans leur yeux.

Elle sèche vite ses larmes et elle relève la tête, toujours fière, elle n’a besoin de personne, elle sait toujours se débrouiller, elle l’a toujours fait, elle ne dépend de personne.


Elle doit traverser le parc, et remonter toute la route jusque là bas, le chemin semble long mais elle doit tenir, même si le sol n’est pas stable, même si tout tourne autours d’elle. Elle doit tenir jusque là bas. Elle serre les dents, elle serre les poings dans ses poches, elle doit y arriver…

Elle est retombée plus loin, proche de l’évanouissement, l’effort est trop dur, elle doit se laisser un peu de temps…

Oh si quelqu’un la voyait… Non ! On ne doit pas la voir comme ça, jamais !


Une deuxième fois elle se relève, plus doucement, elle oublie tout dans cet effort, elle oublie son amour, elle oublie son envie de le voir malgré le fait qu’il la déstabilise et que dans ce genre d’état elle n’est plus en mesure de se protéger de lui, elle oublie qu’elle est poursuivie par un passé bien rempli, par sa solitude… elle oublie tout, elle ne pense plus qu’à une chose, se relever, lever la tête, marcher droite et sure d’elle, avancer pas à pas, rentrer pour se reposer… elle se concentre de toute ses forces, elle en oublierait presque de respirer…. Elle va y arriver, elle doit y arriver…


Elle y est arrivée…

Elle est tombée dans l’entrée à peine la porte fermée, heureusement ce soir elle est seule, cette fois elle n’aurait même pas pu aller jusqu'à son lit… Elle est épuisée, le souffle court elle a du mal a respirer, elle se sent comme vidée mais elle doit pourtant trouver encore l’énergie de calmer les battements de son cœur, respirer jusqu'à ne plus ressentir cette impression d’oppression, d’étouffement, et aller jusqu’au canapé peut être…

Et puisque personne ne peut plus la voir, elle se laisse enfin aller, elle pleure ce corps qu’elle a tant entrainé, elle pleure ce corps qui l’abandonne parfois et dont elle ne peut rien faire, elle pleure son amour qui la blesse, elle pleure toutes ses faiblesses qu’elle ne sait combattre…

Et elle s’est endormie sur le sol, seule…




13 février,

Elle s’est réveillée dans la nuit par la fraicheur de la salle et elle est allée se coucher dans son lit. Elle s’est levée ce matin toute habillée. Elle a encore rêvé de lui, elle a rêvé qu’ils étaient deux, qu’il serait là pour elle quand elle n’irait pas bien qu’elle pouvait lui dire, qu’elle pouvait lui faire confiance, elle a rêvé qu’il la soutenait, qu’elle n’était plus seule face a tout ça, elle a rêvé qu’elle pouvait être faible face a lui…il l’aimait.

Elle s’est levée, au radar, se cognant comme toujours dans ces cas la dans la porte, elle en a rit, heureusement qu’il n’a jamais vu ça non plus ! Elle lui cache tellement de petites choses dont elle a peur qu’elles lui déplaisent…

Elle n’a pas envie de manger, pas envie de sortir, de rester habillée correctement… Elle attrape un sweat d’homme taille L et un bas de jogging taille 44, elle se regarde dans le miroir au passage, pas de pesée ce matin, elle doit avoir maigri de toute façon vu les événements du jour précédent. Elle se sent épuisée… Elle est partie se laver et elle est retournée dormir. Combien de temps encore pourra t’elle tout gérer toute seule ? Combien de temps lui faudra t’il à lui pour découvrir qu’elle est si faible, si peu sure d’elle ?

Elle aurait tant aimé pouvoir tout partager avec lui , on est plus fort quand on partage ses faiblesses et ses peurs avec la personne qu’on aime… elle est amoureuse d’un homme avec qui elle ne peut partager ses faiblesses, elle est amoureuse d’un homme qui ne partage que peu de chose avec elle… elle est amoureuse d’un homme qui plus encore qu’elle ne sait pas s’exprimer, ne sait pas comprendre… et elle a peur de ce qu’il va dire si elle lui en dit trop sur ce qu’elle est…

Elle s’est endormie…


Réveillée a 14h par les voisins, elle se lève et se plonge dans ses cours, elle s’y refugie comme si il ne lui restait plus que ça, elle veut oublier qui elle est, elle veut oublier qu’elle aimerait le retrouver tout de suite, maintenant, qu’elle ne doit pas espérer qu’il tente de la retenir un jour, elle veut oublier qu’elle est solitaire, indépendante, qu’elle ne se laisse jamais compter sur personne.

Et elle s’est couchée, seule…




14fevrier,

Lou s’est levée tôt pour préparer la St valentin. Elle pense à lui qui sort ce matin avec quelqu’un d’autre… peut être qu’il va quand même lui envoyer un message dans la journée, lui rappeler qu’il tient quand même a elle, même si elle se tient un peu à distance pour d’obscures raisons… ?


Ce matin elle va préparer leur repas de ce soir, elle s’y met a la cuisine… au fond elle se sait bonne cuisinière c’est juste qu’elle voit rarement l’intérêt de cuisiner…

Et puis elle est allée se préparer, elle veut être belle, pour lui… une heure devant le placard à essayer milles et un vêtement, tous rejetés un à un avec dédain, pour retourner enfin sur le choix premier, un peu simple mais qui la met en valeur. Elle a les ongles vernis, elle a bouclé ses cheveux, elle s’est maquillée correctement… le résultat est correct, elle se regarde dans le miroir, ça vaudrait la photo parfois, elle est plutôt mignonne…

Oh non, bien sur no ! Elle n’espère pas du tout qu’il vienne ! Il ne sait pas faire ce genre de surprise… mais c’est leur soirée, elle l’avait voulue… elle voulait avoir au moins une fois dans sa vie une soirée parfaite… elle se demandait s’il aurait fait ça un jour pour elle… bien sur que non, elle doit faire elle-même ce qu’elle veut…


Elle s’est mise à son bureau en attendant l’heure, elle a entrouvert la porte comme si elle s’apprêtait à recevoir un inconnu et elle a travaillé sans pause jusqu'à l’heure qu’elle avait prévue. Elle ne veut penser a rien, ni a la douleur de son absence, ni a la souffrance qu’elle ressent quand elle pense à cet amour qu’on lui dit à sens unique. Elle ne veut penser à rien, c’est sa soirée, personne ne la lui volera, pas même lui.


A 18heures enfin elle s’est levée lentement. Elle est allée fermer la porte, puis elle a préparé la table et leur repas. Elle les a installés dans le salon, en face de la télévision. Il y’a deux couvert sur la nappe blanche, sur la table quelques pétales de roses, deux bougies, le bouquet de roses qu’elle s’est acheté le jour précédent. Elle a disposé le menu dans les assiettes, le dessert sera plus tard.

Une fois que tout est installé, que toutes les bougies de la pièce sont allumées, elle s’installe à son tour sur le canapé, observant avec insistance l’autre couvert. Non, elle ne doit pas y penser sinon elle va encore pleurer, c’est une belle soirée, elle doit sourire.

Elle met en route le film qu’elle a loué, elle se demande si ça lui aurait plu… elle fait comme si tout allait bien, comme si elle était forte . . . de toute façon elle s’en fout, elle n’a pas besoin de lui pour se sentir bien, pas besoin de lui du tout. . . et blottie contre son fantôme, enlacée par son absence elle regarde ce film qu’elle aime tant, se disant qu’avant, elle aussi voulait vivre une histoire aussi belle mais elle n’a jamais pu rêver longtemps…


Le générique final la réveille de sa torpeur pensive…


Elle se lève, elle range la table, jette l’autre repas, de toute façon elle est seule. Elle a sorti la bouteille de champagne du frigo, elle en a versé dans deux coupes qu’elle a mit sur un plateau à coté d’une coupelle de chocolat fondu et de fruit coupés.

Une fois de plus elle s’est surprise à rêver, elle l’imagine derrière elle, elle imagine la chaleur de son corps dans son dos, ses mains sur ses hanches et le doux frisson des baisers dans son cou…

Mais il n’est pas la, elle devra s’y faire, c’est elle qui a choisit après tout, elle savait si peu se protéger de lui…


Elle a amené le plateau dans la salle de bain a coté de la baignoire et elle a fait couler l’eau pour le bain. Puis elle est retournée au salon mettre en marche la musique. Il est tard et la musique merveilleuse apaise ses souffrances. Elle a toujours aimé la musique, ça l’a fait tant vivre…

Elle a choisit ce soir une musique relaxante, douce, un peu triste pour que les notes épongent ses larmes. Et elle a dansé rêvant de ces fois d’avant où juste amis, il venait danser avec elle, où elle se sentait désirée…

Elle est retournée à la salle de bain. La mousse la fait rire. Elle était petite la fois dernière qu’elle a pu prendre un bain avec plein de mousse. Elle tourne, elle danse devant le bain, elle y jette par ci par là des pétales de roses rouges… ça semble si chaud si relaxant… Un instant elle l’a oublié, elle s’est sentie à sa place, seule face à son bain, rêvant de son enfance bien trop courte et de tous ces rires qu’elle n’a pas eu.

Elle a allumé les bougies qu’elle a mis un peu partout dans la salle de bain, elle a éteint la lumière et est restée émerveillée, ce qu’elle avait fait était très beau… toute ravie qu’elle était, elle a sourit, rayonnante un instant… Et puis en douceur, elle s’est remise à danser, un peu plus sensuellement, pour elle-même, pour le regard de son fantôme… Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait plus dansé que pour elle-même et non pour se vendre….

Oh sans doute lui ne l’aurait il pas trouvé belle… qu’importe. En cet instant, délaçant lentement la guêpière ivoire qui l’enserre, laissant ses cheveux blond retomber en boucles lâches sur ses seins nus, dansant sur la musique, elle se sent femme, elle se sent belle, et cette sensation est si reposante… elle n’a pas besoin de penser à ce qu’il en aurait dit, pas besoin d’avoir peur de ne pas être assez bien pour lui, il n’y a qu’elle, elle et la musique…

Elle a laissé les vêtements tomber à ses pieds au rythme lent de la musique et elle est entrée dans le bain chaud avec le fantôme de son amour.


Les pétales de roses flottent, cachant sa nudité aussi bien que la mousse, elle a rit habillée uniquement de l’opacité de l’eau, elle a attrapé une coupe de champagne à coté, un morceau de banane au chocolat, une fraise... et en silence sans prévenir les larmes se sont mises à couler sur ses joues, roulant sur son cou, sur le début de la rondeur de ses seins avant de rejoindre l’eau du bain, comme une multitude de douleurs passées et présentes…

Par anne-lou - Publié dans : poèmes et ecrits
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