Partager l'article ! 8mars: ecrits: je précise que certains reconnaitront les phrases de mon maitre d'écriture. je confirme avant que l'on ne me lapide pour plagia ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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Comment pourrais je lui expliquer la moitié seulement de ce que je ressens?
La réalité du sentiment d'amour est si inexplicable...
Comment pouvait il me demander de survivre à son absence après m'avoir fait découvrir cet état de grâce, de veille absolue où toute autre réalité est abolie...?
Sans lui le monde se taisait, et le silence hurlait ma solitude. Jusqu'à présent j'avais existé dans le reflet de ses yeux, ne pas le voir signifiait ne pas être vue et par conséquent il signait la ma non-existence. Non seulement je ne me sentais plus vivante mais je n'existais plus non plus, qu'étais je donc dès lors si ce n'est une souffrance concrète? Je me comparerais volontiers à une âme sans vie, déambulant dans un monde auquel elle n'appartenait plus, mais mon esprit tente encore aujourd'hui de lutter contre le froid qui peu à peu s'installe dans mon cœur et gèle mon âme, combat absurde quand on sait que le froid précédait le chaud et qu'il finit toujours par l'emporter. Le chaud n'est que provisoire.
Le fait est que ne plus rien ressentir de la beauté du monde m'empêchait d'être, je ne me sentais ni bien, ni mal, je ne me sentais plus, c'était tout.
La réalité du monde m'échappait autant que je lui échappais. Le temps, facteur principal qui nous pousse au mouvement et donc a la vie, perdait peu à peu son emprise sur moi. Mes secondes s'allongeaient, s'étiraient pour devenir des jours, mes jours devenaient des mois... j'apprenais l'éternité dans la non présence. éternité... anagramme d'étreinte, pensée unique et illusoire, absolument déraisonnable qui m'envahissait. Je ne pensais plus, je devenais ma pensée, et toute autre pensée vagabonde qui aurait pu entrer en contact avec moi était aussitôt transformée par le filtre de mon amour pour lui pour rejoindre cette unicité parfaite.
J'avais beau le lui écrire, je l'aimais bien au delà de ce que je lui disais.
Je vivais dans l'attente d'un simple mot... et celles qui ont aimé connaissent bien le pouvoir de vie et de mort que peuvent prendre les mots. Dans l'absurdité de mon amour éperdu je suspendais mon existence à la probabilité d'un langage.
A chaque fois que mon portable m'annonçait la réception d'une forme de communication je connaissais un état de transe mystique suivi d'une apnée prolongée jusqu'à ce que je découvre qu'il ne s'agissait pas d'un message de sa part. S'ensuivait une consternation face à son silence. Je me sentais seule dans ma frustration et je connaissais alors le déni et le refus brutal de l'existence d'un Dieu qui me faisais miroiter chaque fois la présence de l'inaccessible. J'accablais alors qui passait devant moi de toutes les tares de ce monde me répétant à quel point j'aimais ma solitude et combien j'étais capable d'être vivante loin de la musique de son cœur. Mon absence de sincérité a mon propre égard me crevait les yeux mais j'étais bien loin de m'arrêter à un si petit détail.
Face a cette absence, je décidais de me cloitrer chez moi nourrissant d'abominables pensées à son égard pour être bien sure de souffrir encore plus fort. Non que j'aimais particulièrement cet état de souffrance qui emplissait chacune des fibres mon être mais qu'il s'agissait là du plus sur moyen de me sentir encore un peu.
Et comme toute amoureuse la débilité m'avait depuis longtemps envahie, au lieu de m'en tenir donc à une absence de certitude qui me laissait un peu d'espoir au moins, j'ai cherché à obtenir de lui l'apaisement de mon âme ce qui eut pour seul effet de me retourner une phrases des plus cinglantes qui me poignarda. La phrase était courte et n'était composée que de mots inoffensifs en apparence mais il n'en fut pas moins qu'elle m'assassina.
Je me mis à lui répondre aussitôt, dans un état de fureur avancée prouvant à quel point je m'étais menti en prétendant ne pas être affectée. En de tels instants je le haïssais en proportion de mon amour pour lui.
Comment alors même qu'il était de loin ce que j'avais rencontré de mieux sur cette planète pouvait il me traiter avec une telle cruauté? J'abhorrais en un instant toute l'espèce humaine dont la cruauté sans faille me paru tout a coup évidente. Si même celui que je considérais comme la cathédrale de mon âme était capable de cela autant dire que le reste de l'humanité était un échec à tout point de vue. Je lui en voulais a mort de l'épreuve qu'il m'imposait mais je me savais aussi injuste de telles pensées puisque j'avais moi-même généré son comportement. Néanmoins je nourrissais une haine des plus impitoyable à l'image de l'être humain que j'étais envers toute personne dans la possibilité de l'approcher plus près que je ne le pouvais moi même.
Vouloir l'inaccessible comporte toujours des inconvénients...
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